Leadership

Pourquoi investir dans les pratiques managériales est aussi important qu'investir dans vos équipements ou votre trésorerie
Former ou accompagner un manager est parfois perçu comme un confort ou une dépense facultative. Pourtant, peu d'entreprises hésitent à investir dans leurs bâtiments, leurs outils numériques, leurs équipements ou leur trésorerie.
Pourquoi alors certaines continuent-elles à considérer le développement des pratiques managériales comme secondaire ?
Cette question mérite d'être posée car la qualité du management influence directement la santé du capital humain, la robustesse de l'organisation et, à terme, ses résultats économiques.
Le management est l'un des principaux leviers de valorisation du capital humain
Une entreprise possède de nombreux actifs : des locaux, du matériel, des outils informatiques, des brevets ou encore des ressources financières.
Alors que sa véritable capacité à créer de la valeur dépend aussi et surtout des femmes et des hommes qui la composent.
Compétences, engagement, coopération, créativité, capacité d'adaptation ou sens des responsabilités constituent un patrimoine tout aussi précieux qu'un investissement matériel.
Or, ce patrimoine n'évolue pas seul.
Il est largement influencé par la qualité du management.
Chaque jour, les managers contribuent à créer ou à détériorer les conditions de travail, la confiance, la coopération et la capacité collective à atteindre les objectifs.
Investir dans le développement des pratiques managériales revient donc à investir dans la valorisation et la préservation du capital humain de l'organisation.
« Manager, c'est du bon sens » : une idée reçue tenace
Beaucoup de managers accèdent à leur poste parce qu'ils sont experts dans leur métier.
Ils maîtrisent une activité, connaissent leur environnement technique ou disposent d'une expérience reconnue.
Pourtant, manager une équipe ou piloter un projet mobilise des compétences différentes.
Savoir produire n'est pas nécessairement savoir faire produire.
Savoir décider pour soi n'est pas nécessairement savoir faire grandir les autres.
Cette confusion conduit parfois à considérer que le management relève essentiellement du bon sens ou des qualités personnelles.
La réalité est pourtant beaucoup plus complexe.
Manager suppose de comprendre des situations humaines souvent ambiguës, de prendre des décisions dans l'incertitude, d'arbitrer des intérêts divergents et de maintenir la coopération malgré les contraintes.
Ces compétences s'apprennent, s'exercent et se développent.
Développer ses pratiques managériales, c'est apprendre à prendre du recul
L'expérience est précieuse.
Mais elle ne garantit pas toujours la justesse des décisions.
Avec le temps, chacun développe des habitudes de pensée, des automatismes et des raccourcis qui facilitent l'action quotidienne.
Ces mécanismes sont utiles, mais ils peuvent également limiter notre capacité à comprendre une situation avec objectivité.
Nous avons tendance à interpréter les événements à travers nos croyances, nos expériences passées ou nos préférences personnelles.
Un collaborateur pourra ainsi être jugé peu impliqué alors que la véritable difficulté réside dans une organisation du travail inadaptée.
Un conflit pourra être attribué à des incompatibilités de personnalité alors que ses causes sont liées à des responsabilités mal définies.
Prendre du recul consiste précisément à interroger ses certitudes, à élargir sa lecture des situations et à identifier les biais qui influencent nos décisions.
C'est l'une des raisons pour lesquelles les formations et accompagnements managériaux produisent souvent autant de valeur : ils offrent un espace de réflexion qui manque cruellement dans le quotidien opérationnel.
Un management efficace repose aussi sur une gestion rigoureuse de son temps
Un autre piège guette de nombreux managers : l'hyperactivité.
Réunions, urgences, sollicitations permanentes, arbitrages, gestion des imprévus… les journées se remplissent très rapidement.
À force de répondre aux urgences, les managers finissent parfois par ne plus exercer pleinement leur rôle.
Ils pilotent l'activité mais ne prennent plus le temps de manager.
Pourtant, animer une équipe nécessite :
du temps de préparation ;
du temps d'écoute ;
du temps d'analyse ;
du temps d'anticipation ;
du temps pour accompagner les collaborateurs.
Lorsqu'aucun espace n'est consacré à la réflexion, les décisions deviennent plus réactives que stratégiques.
Le développement des pratiques managériales permet aussi d'apprendre à protéger ces temps de recul indispensables à la qualité des choix et des relations de travail.
Quels bénéfices pour les collaborateurs ?
Les effets d'un management plus mature se ressentent rapidement dans les équipes.
Les attentes deviennent plus claires.
Les rôles sont mieux compris.
Les tensions sont traitées plus tôt.
Les collaborateurs disposent davantage d'autonomie et de repères.
Ils comprennent mieux le sens de leur contribution et trouvent plus facilement leur place dans le collectif.
L'engagement ne dépend pas uniquement de la rémunération ou des avantages sociaux. Il est également fortement influencé par la qualité de la relation managériale.
Quels bénéfices pour l'organisation ?
Une organisation où les managers disposent de repères communs fonctionne généralement de manière plus fluide.
Les décisions sont mieux partagées.
Les responsabilités sont davantage assumées.
Les coopérations entre services sont facilitées.
Les transformations sont mieux accompagnées.
Les conflits sont régulés plus rapidement.
Le management devient alors un facteur de stabilité et de performance plutôt qu'une source supplémentaire de complexité.
Quels bénéfices financiers pour l'entreprise ?
Le coût d'un management insuffisamment développé est rarement identifié dans les tableaux de bord.
Pourtant, il existe.
Il apparaît sous différentes formes :
turn-over ;
absentéisme ;
désengagement ;
tensions internes ;
perte de productivité ;
surcharge décisionnelle ;
difficultés de recrutement ;
ralentissement des projets.
À l'inverse, lorsque les managers disposent des outils et du recul nécessaires, l'organisation devient plus efficiente.
Les équipes coopèrent davantage, les décisions sont mieux mises en œuvre et les énergies se concentrent sur la création de valeur plutôt que sur la résolution de dysfonctionnements.
Formation ou accompagnement : quelle démarche privilégier ?
La formation apporte des méthodes, des concepts et des repères.
L'accompagnement permet de travailler à partir des situations réelles rencontrées par le manager.
Les deux approches répondent à des besoins différents et complémentaires.
L'une permet de comprendre.
L'autre permet de transformer durablement les pratiques.
C'est souvent leur combinaison qui produit les résultats les plus visibles.
En résumé
Une entreprise accepte rarement de laisser vieillir ses équipements stratégiques sans entretien.
Pourtant, beaucoup considèrent encore que les pratiques managériales évolueront naturellement avec le temps.
Le management mérite pourtant le même niveau d'attention que les investissements financiers ou matériels.
Car au-delà des outils, des procédures ou des technologies, ce sont les femmes et les hommes de l'organisation qui créent durablement la valeur.
Investir dans les pratiques managériales, c'est investir dans la capacité collective à coopérer, décider, s'adapter et réussir ensemble.
Faire évoluer les pratiques managériales de votre organisation
Parce que le management mérite la même attention que les investissements financiers ou matériels, développer les pratiques managériales constitue un levier majeur de valorisation du capital humain.
CINNORH accompagne les managers, dirigeants et responsables RH dans le développement de leur posture, la prise de recul sur leurs pratiques et la construction d'organisations plus coopératives, plus engagées et plus performantes.
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Foire aux questions
Le management n'est-il pas simplement une question de bon sens ?
Le bon sens est utile, et rarement suffisant. Manager implique de prendre des décisions dans des situations humaines complexes, d'arbitrer des priorités, d'accompagner des personnalités différentes et de gérer ses propres biais de perception. Développer ses pratiques managériales, c'est apprendre à prendre du recul sur ses décisions, ses modes de fonctionnement et sa gestion du temps afin d'agir avec davantage de discernement.
Combien coûte réellement un management insuffisamment développé ?
Le coût est souvent invisible mais rarement négligeable. Selon les situations, quelques départs non anticipés, des conflits récurrents, un absentéisme en hausse ou une baisse d'engagement peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros par an pour une PME. À titre d'exemple, le remplacement d'un salarié est fréquemment estimé entre 6 et 24 mois de rémunération selon le poste concerné. À cela s'ajoutent les coûts liés aux tensions, aux erreurs de coordination, aux retards de projets ou à la perte de performance collective. Le coût du non-management est souvent supérieur au coût d'un accompagnement préventif.
Faut-il privilégier une formation ou un accompagnement managérial ?
Les deux approches sont complémentaires. La formation apporte des méthodes, des repères et des outils. L'accompagnement permet de travailler à partir des situations réelles rencontrées par le manager et d'ancrer durablement de nouvelles pratiques. La combinaison des deux constitue souvent la démarche la plus efficace pour faire évoluer les comportements et obtenir des résultats durables.
À quel moment est-il utile de se former ou de se faire accompagner en management ?
Le développement des pratiques managériales peut être bénéfique tout au long d'un parcours professionnel, quel que soit le niveau d'expérience.
Pour un nouveau manager, la prise de poste constitue souvent un moment clé. Passer d'un rôle d'expert ou de technicien à celui de manager implique de nouvelles responsabilités : fixer un cadre, déléguer, conduire des entretiens, gérer des désaccords ou accompagner les collaborateurs dans leur développement. Se former permet alors d'acquérir des repères solides et d'éviter certaines erreurs fréquentes.
Pour un manager expérimenté, l'enjeu est différent. Avec le temps, les habitudes, les réflexes et les certitudes peuvent limiter la capacité à prendre du recul sur ses pratiques. Les transformations de l'entreprise, les évolutions générationnelles, le travail hybride ou la complexification des organisations invitent régulièrement à revisiter sa posture managériale. Un accompagnement permet alors d'interroger ses modes de fonctionnement, d'identifier ses angles morts et d'enrichir ses pratiques.
Ainsi, le développement managérial ne répond pas uniquement à une prise de fonction ou à une difficulté particulière. Il constitue un investissement utile aussi bien pour un manager débutant qui construit sa posture que pour un manager confirmé qui souhaite préserver son efficacité et continuer à faire évoluer son impact.
Ressource CINNORH
Pourquoi investir dans les pratiques managériales est aussi important qu'investir dans vos équipements ou votre trésorerie.
Turn-over, désengagement, tensions, difficultés de coopération : le coût d'un management insuffisamment développé est souvent sous-estimé. Découvrez pourquoi investir dans les pratiques managériales constitue un choix stratégique pour votre organisation.
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